Vous ne trouvez pas votre réponse ci-dessous ? La rubrique se clôt par une invitation à nous parler de votre projet. Les questions sont regroupées par thème.

Le bilan de compétences : cadre et déroulé

Qu'est-ce qu'un bilan de compétences exactement ?

Un bilan de compétences est un dispositif légal, défini par l’article L6313-4 du Code du travail et classé parmi les actions de formation. Il permet d’analyser vos compétences professionnelles et personnelles, vos aptitudes et vos motivations pour définir un projet professionnel et, si besoin, un projet de formation.
Trois garanties l’encadrent : il est conduit par un organisme extérieur accrédité Qualiopi, jamais par votre employeur ; le document de synthèse vous appartient exclusivement ; la participation reste volontaire. Il se déroule en trois phases (préliminaire, investigation, conclusion) sur une durée maximale de 24 heures. Un simple questionnaire en ligne ou un test de personnalité, sans ces trois phases, n’entre pas dans cette définition et n’ouvre droit à aucun financement CPF ou OPCO.

Combien de temps dure un bilan de compétences et comment se déroule-t-il ?

Le bilan dure au maximum 24 heures, réparties en général sur 2 à 3 mois (des formats condensés sur 4 à 6 semaines existent en cas d’urgence professionnelle). Les séances durent généralement 1h30 à 2h, à raison d’une à deux par semaine.
Le déroulement suit trois phases. La phase préliminaire (1 à 3 heures) sert à analyser la demande. La phase d’investigation (18 à 20 heures, réparties sur 8 à 12 séances) permet de faire l’inventaire des compétences, de réaliser des tests de personnalité et d’aptitudes, et d’explorer les pistes professionnelles au regard du marché du travail. La phase de conclusion (2 à 3 heures) donne lieu à la remise d’un document de synthèse, présentant les compétences identifiées, les pistes retenues et un plan d’action, dans les 15 jours suivant la dernière séance.
Un entretien de suivi est proposé dans les 6 mois suivant le bilan, et le bénéficiaire peut l’interrompre à tout moment. Le déroulé complet, phase par phase, est détaillé sur la page dédiée au déroulement du bilan avec le CPF.

Quelle est la différence entre un bilan de compétences, une VAE et un coaching de carrière ?

Le bilan de compétences permet d’analyser son parcours, de définir une orientation et de construire un plan d’action : il aboutit à un document de synthèse, non certifiant, réalisé en 24 heures maximum sur 2 à 3 mois, accessible sans condition de diplôme ni d’ancienneté pour un financement CPF.
La VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) vise à faire reconnaître officiellement une expérience professionnelle par un diplôme ou une certification RNCP, après au moins un an d’expérience dans le domaine visé. La démarche dure en moyenne 1 à 2 ans. En 2023, près de 100 000 dossiers de recevabilité ont été déposés, avec un taux de certification complète d’environ 60 % pour les candidats accompagnés. Un bilan de compétences précède d’ailleurs souvent une VAE, pour identifier la certification la plus adaptée.
Le coaching de carrière, quant à lui, ne repose sur aucun cadre légal : son contenu, sa durée et sa qualité varient selon les intervenants, et il n’est généralement pas finançable par le CPF.

Qui peut en bénéficier

Qui peut faire un bilan de compétences ?

Le bilan de compétences est accessible à tout salarié du secteur privé (CDI, CDD, intérim), à tout agent public (fonction publique d’État, territoriale ou hospitalière) selon les conditions liées à son statut, ainsi qu’à toute personne inscrite comme demandeur d’emploi à France Travail. Aucune condition d’ancienneté n’est requise pour le financer via le CPF.
Une condition de 5 ans d’activité salariée, dont 12 mois dans l’entreprise actuelle, s’applique uniquement au congé de bilan de compétences financé par l’OPCO sur le temps de travail, pas au financement CPF. Aucune limite légale n’existe non plus sur le nombre de bilans réalisables au cours d’une carrière, et un bilan reste possible en arrêt maladie, sous réserve de l’avis du médecin traitant.

Un fonctionnaire ou un demandeur d'emploi peut-il faire un bilan de compétences ?

Oui, les deux peuvent réaliser un bilan de compétences, chacun selon des modalités propres. L’agent titulaire mobilise le congé de bilan de compétences après 10 ans de services effectifs, renouvelable tous les 5 ans ; l’agent contractuel utilise son CPF dès 1 an d’ancienneté dans la fonction publique (l’agent stagiaire n’y a pas accès pendant son stage). Des dispositifs complémentaires existent selon le versant : FAFPT pour la fonction publique territoriale, ANFH pour l’hospitalière, plan de formation ministériel pour l’État, pour un coût moyen compris entre 1 500 et 3 000 euros.
Le demandeur d’emploi finance son bilan via le Projet Personnalisé d’Accès à l’Emploi et l’Aide Individuelle à la Formation de France Travail, sous réserve de validation du projet par son conseiller, avec un délai de traitement de 15 à 30 jours selon les agences. Le CPF reste mobilisable quelle que soit la situation d’indemnisation, y compris en fin de droits à l’ARE, tant que l’inscription à France Travail est maintenue.

Financement et prise en charge

Comment financer un bilan de compétences avec le CPF ?

Le CPF finance le bilan de compétences dans la limite de 1 600 euros, quel que soit le solde disponible sur le compte. Depuis le 2 mai 2024 (décret n° 2024-394 du 29 avril 2024), une participation forfaitaire de 100 euros reste à la charge du bénéficiaire sur tout dossier CPF, prélevée directement sur ce solde : elle ne s’ajoute pas au prix affiché par l’organisme. Cette participation ne s’applique pas lorsque l’employeur finance la totalité du bilan dans le cadre du plan de développement des compétences.
Pour mobiliser ce financement, il faut se connecter sur moncompteformation.gouv.fr via FranceConnect, rechercher « bilan de compétences » (seuls les organismes certifiés Qualiopi et référencés y apparaissent), s’inscrire, puis valider le lien reçu par SMS. La demande doit être validée au moins 11 jours ouvrés avant le début du bilan, et une annulation reste possible jusqu’au 14e jour calendaire suivant l’inscription.
Si le bilan se déroule hors temps de travail, aucune autorisation ni information de l’employeur n’est nécessaire. S’il se déroule sur temps de travail, l’accord préalable de l’employeur est requis, celui-ci disposant de 30 jours pour répondre (l’absence de réponse valant acceptation). Les bénéficiaires reconnus travailleurs handicapés voient leur CPF alimenté plus rapidement (800 euros par an au lieu de 500), ce qui n’augmente pas le plafond de 1 600 euros du bilan mais permet d’atteindre ce montant plus vite. Le détail des démarches et des cas particuliers est expliqué sur la page consacrée au financement.

Le bilan de compétences est-il gratuit ?

Non, pas au sens strict : son coût, généralement compris entre 1 500 et 3 500 euros selon le prestataire et le format, est toujours pris en charge par un tiers, jamais supprimé. Le reste à charge dépend de la situation. Un salarié en congé de bilan de compétences (5 ans d’ancienneté, dont 12 mois dans l’entreprise actuelle) le fait financer par son OPCO, sans reste à charge. Un demandeur d’emploi passe par France Travail, généralement sans reste à charge. Un salarié combinant CPF et complément employeur n’a rien à payer non plus.
En revanche, un salarié qui mobilise seul son CPF doit régler un reste à charge de 100 euros depuis le 2 mai 2024, majoré d’un complément si le bilan dépasse le plafond CPF de 1 600 euros. Pour les prix très bas, sous 800 euros, mieux vaut vérifier la certification Qualiopi de l’organisme : la Caisse des Dépôts a suspendu plus de 1 200 organismes en 2023 pour non-conformité.

Que se passe-t-il si mon CPF ne couvre pas la totalité du bilan ?

Si le solde CPF ne suffit pas ou si le prix du bilan dépasse le plafond de 1 600 euros, plusieurs solutions permettent de compléter le financement. L’employeur peut abonder via le plan de développement des compétences, une possibilité non obligatoire légalement mais parfois prévue par une convention collective. Le salarié ayant cinq ans d’ancienneté, dont douze mois dans l’entreprise actuelle, peut aussi mobiliser le congé de bilan de compétences auprès de son OPCO, qui finance alors l’intégralité du bilan : cette voie remplace le CPF, elle ne le complète pas.
À défaut, le reste à charge est réglé directement par le bénéficiaire, avec un paiement en plusieurs fois possible chez certains organismes. Dans la pratique, pour un salarié en CDI, ce reste à charge dépasse rarement 500 euros lorsque le CPF ne couvre pas la totalité du coût.

Mon employeur sera-t-il informé si je fais un bilan de compétences ?

Non, sauf exception liée au mode de financement. Si le bilan est financé dans le cadre du CPF, en dehors du temps de travail, l’employeur n’en est informé à aucun moment. S’il est financé par l’employeur via le plan de développement des compétences, ou réalisé sur le temps de travail dans le cadre d’un congé de bilan de compétences, l’employeur sait qu’un bilan a lieu, mais n’accède jamais à son contenu.
Dans tous les cas, le prestataire est tenu à une obligation légale de confidentialité. Le document de synthèse appartient exclusivement au bénéficiaire, qui décide seul de le communiquer ou non. Même en cas de financement CPF, la Caisse des Dépôts ne reçoit qu’une attestation de réalisation, sans aucun élément de contenu. Cette confidentialité s’applique aussi aux résultats des tests de personnalité éventuellement réalisés, jamais transmis à l’employeur ni à France Travail sans accord explicite du bénéficiaire.

Modalités et outils utilisés

Un bilan de compétences en ligne a-t-il la même valeur qu'en présentiel ?

Oui. La loi ne distingue pas les deux formats : mêmes trois phases obligatoires, même durée maximale de 24 heures, même document de synthèse confidentiel dans les deux cas. La différence est logistique, pas juridique.
Réalisé par un organisme certifié Qualiopi, avec un consultant dédié et non mutualisé entre plusieurs bénéficiaires, un bilan à distance a exactement la même valeur légale et ouvre droit aux mêmes financements (CPF, OPCO, France Travail). Selon le bilan d’activité CPF 2023 de la Caisse des Dépôts, plus de 60 % des bilans financés via le CPF se déroulent entièrement ou partiellement à distance. Le distanciel permet en plus de choisir un organisme partout en France, sans contrainte géographique, et parfois des créneaux en soirée ou le week-end. Un format hybride est également possible, avec des séances en visioconférence et, selon le prestataire, une partie du parcours en présentiel. Le détail des livrables et des critères de choix figure sur la page consacrée au bilan en ligne.

Un test de personnalité (DISC, MBTI…) suffit-il à faire un bilan de compétences ?

Non. Un test de personnalité seul (DISC, MBTI, Golden, Motiva, KeyPredict, Pass’avenir, Exa 3D, Assess First…) ne constitue pas un bilan de compétences. Ces outils reposent sur des bases théoriques différentes : approche comportementale pour le DISC, typologie jungienne pour le MBTI, intérêts professionnels issus du RIASEC pour KeyPredict et Pass’avenir, personnalité et motivations pour Exa 3D et Assess First. Ils sont mobilisés pendant la phase d’investigation d’un bilan, jamais comme un verdict à eux seuls.
Le terme « bilan de compétences » est protégé par l’article L6313-4 du Code du travail. Sans les trois phases réglementaires et sans organisme certifié Qualiopi, un test seul n’ouvre pas droit aux financements CPF ou OPCO. Intégré à un bilan complet, son coût est inclus dans le forfait pris en charge à 100 %. Passé seul, en dehors d’un bilan, un test certifié coûte généralement entre 50 et 300 euros, sans financement dédié.

Après le bilan

Que se passe-t-il après un bilan de compétences ?

Le document de synthèse remis en fin de bilan n’a de valeur que suivi d’actions concrètes : engager une démarche dans les 30 jours qui suivent le bilan constitue le facteur le plus déterminant pour la suite. Concrètement, il sert à intégrer les compétences identifiées dans le CV et le profil LinkedIn, à s’en servir en entretien, ou à le transmettre à France Travail ou à l’OPCO pour cibler une formation. Un entretien de suivi est proposé dans les 6 mois suivant le bilan.
La reconversion professionnelle reste la suite la plus fréquente, concernant environ un bénéficiaire sur deux, tandis que la création ou reprise d’entreprise représente 10 à 15 % des suites selon les enquêtes des CIBC. Les délais de concrétisation vont généralement de 6 à 18 mois selon le projet. Selon France Compétences, 73 % des personnes ayant réalisé un bilan déclarent avoir mieux ciblé leur projet professionnel, mais 60 % n’avaient pas changé de situation à un an, l’absence d’échéances concrètes étant la cause principale identifiée.

Peut-on refaire un bilan de compétences plusieurs fois dans sa carrière ?

Oui, aucune limite légale n'encadre le nombre de bilans de compétences réalisables au cours d'une carrière. Une nuance concerne toutefois le financement par le CPF : l'article L6323-1 du Code du travail impose un délai de 5 ans entre deux prises en charge CPF. Ce délai ne porte que sur le financement, pas sur la possibilité de refaire un bilan : avant ces 5 ans, un second bilan reste réalisable, financé par l'employeur, un OPCO ou à titre personnel, sans attendre le renouvellement du CPF.